13/07/2026

EDITO

Concentré, l’enfant s’applique à son ouvrage. Le corps est présent, mais l’esprit le porte déjà vers des horizons illuminés d’espoirs tissés par l’affection et le temps qui le sépare du bonheur présumé lui est une souffrance autant qu’il lui est un réconfort… Dilemme propre aux enfants… Aussi, l’excitation le dispute-t’elle à l’attention et dans la salle de classe inondée de soleil, chuchotements, rires étouffés, appels à la maîtresse, mains levées de naufragés, trahissent l’émoi joyeux des coeurs heureux.

Sûr ! Ce ravier jaune à l’avien décor, pétri, dessiné, imaginé, réalisé, cuit par ses soins comblera un manque criant sur la table basse du salon ! Et puis, quel réceptacle idéal et charmant pour les cacahuètes grillées de l’apéritif des grands ! Décidément, Maman sera ravie. Pourvu que ce cadeau n’efface pas trop les autres… surtout celui de papa…

Jamais, en dehors des derniers jours de classe durant lesquels on joue à des jeux de société, jamais cours n’auront été plus passionnants ! L’institutrice semble maîtriser les arts serviles et mécaniques avec autant d’aisance que les arts libéraux ! Plus tard, peut-être, au détour d’une lecture, d’une indiscrétion, l’élève découvrira qu’il devait ces heures précieuses à un certain Maréchal qui officialisa la Fête des Mères et incita vivement les instituteurs à la préparer en fabriquant des cadeaux avec les enfants… Plus tard, peut-être, apprendra-t-il qu’il ne fallait pas lui en être reconnaissant… Pourtant, aujourd’hui, c’est bien de reconnaissance qu’il s’agit !

Affirmer, avec toute la sincérité d’une âme ciselée au burin de l’humilité, le sentiment qui nous incite à nous considérer comme redevable envers la femme de qui nous avons reçu tant de bienfaits.

Le bienfait de la vie offerte et accueillie au prix de lourds sacrifices, de secrets renoncements, d’intimes angoisses, d’enthousiastes élans empreints de rêves confiants.

Le bienfait d’un corps qui a livré son sang et les battements de son coeur pour forger la fragile existence qui repose, puissante et immense au plus profond de lui-même.

Le bienfait de ces longues nuits de veille, chargées d’inquiétude, de tendresse, de ravissement et de questions…

Que deviendra ce petit être aux yeux clairs et naïfs ? La fera-t-il pleurer un jour ? Sera-t-il sa fierté ? Conservera-t-il les richesses de Foi et d’amour qu’elle désire déposer patiemment en son âme ? Poursuivra-t-il son chemin vers les clartés rayonnantes d’un Ciel dont le baptême l’a rendu héritier ? Car, elle le sait, elle le devine, elle le pressent : Le paradis entre dans le coeur des enfants lorsque c’est la Maman qui l’y porte !

Le bienfait de ces consolations qui ont séché tant de larmes, de ces tendresses qui ont calmé tant d’alarmes, de ces leçons qui ont corrigé tant d’errements…

Le bienfait d’un Amour qui n’est pas complaisance de soi mais don de soi au service de l’âme que la Providence lui a confiée. Don de soi, au risque du chagrin et de l’ingratitude.

Si les mères méritent la gratitude émue de leurs enfants, en ce jour où nous célébrons la Sainte Trinité, l’Amour Divin et Éternel révélé aux hommes, saurons-nous rendre Grâce à la Mère que le Fils de Dieu nous a désignée sur la croix ? Saurons-nous nous souvenir aussi de celle qui nous a enfanté à la Vie Divine, la Sainte Église ?

Votre curé qui vous bénit,